NDDL, stoppons les dégâts

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Que va devenir le projet d’aéroport à Notre Dame des Landes en 2018 ?

Il me semble que le président Macron va rendre une décision dans les prochaines semaines. Cette histoire n’aura que trop duré, le projet d’aéroport à Notre Dame des Landes date de 1965!

L’utilité de ce projet (transport passagers vers des destinations touristiques à bas coût, importation massive d’objets techniques fabriqués en Asie dans des conditions inhumaines…) me semble plus que discutable.

La planète, les zones humides, le littoral et les terres agricoles ne sont-ils pas suffisamment touchés par la bétonisation rampante. N’y a t il pas suffisamment d’avions pollueurs dans le ciel ? Ne peut on pas prévoir un développement d’un tourisme plus local ? Inutile d’aller loin pour passer de bonnes et vraies vacances. La croissance a bon dos, c’est la planète qui en patit.

Un référendum en 2016 approuvant à plus de 55% la construction de l’aéroport mais quelle était la question ? Y avait il une autre alternative de proposée au choix des habitants de la Loire Atlantique ? Le dépouillement attentif du choix des électeurs par localisation fait apparaître un autre résultat, oui lorsqu’on est loin, non lorsqu’on est touché de près. Et pourquoi n’a-t-on pas choisi le canton de Chateaubriant comme localisation de l’aéroport (les Castelbriantais et cantons voisins ont voté massivement Oui au référendum et il existe une gare SNCF en souffrance placée à juste distance de Rennes et Nantes).

L’argent de l’état et des collectivités locales ne doit pas servir les intérêts financiers de grands groupes privés qui sortiront de toute façon grands gagnants de l’opération. Cet argent pourrait être utilisé par exemple pour développer le transport ferroviaire (passagers et marchandises). je pense dans un premier temps à la région Bretagne, c’est le terrain que je connais le mieux, les habitants de la région Pays de La Loire peuvent avoir le même raisonnement.

  1. Une ligne Rennes Caen via Fougères, Saint Hilaire et Vire. Si vous cherchez un tel itinéraire via le site de la SNCF en train, il vous faudra prévoir près de 4 heures de trajet et on vous fait passer par Le Mans contre 1h45 en voiture (Blablacar et autre Ouibus se frottent les mains mais a-t-on mesurer le risque en termes d’accidents routiers ?). De plus cette nouvelle ligne permettrait le désenclavement de la ville de Fougères et le développement de l’inter région Bretagne Normandie.
  2. Une ligne Rennes Carhaix via Saint Meen, Merdrignac, Loudéac, Guerlédan et Rostrenen : juste retour de l’histoire, elle permettrait aux habitants de la Bretagne Centrale d’accéder rapidement à Rennes et Paris et aussi d’éviter l’asphyxie rennaise (valable aussi pour le trajet Fougères Rennes) : la capitale bretonne meure sous de la pollution et des embouteillages. La RN164 malgré sa lente conversion en 2X2 voies croule sous les camions dangereux pour les automobilistes. Qui va payer l’entretien des routes (les nids de poules), depuis l’abandon des portails écotaxes, on pense aux citoyens, vous trouvez cela logique ?
  3. Le retour du Saint Brieuc Vannes (Auray, Quiberon et Lorient en correspondance) via Loudéac et Pontivy. Rejoindre la Manche à L’Océan me semblant d’un naturel et vive le transport des marchandises par le chemin de fer (transports de céréales pour le bétail ou d’amendements par exemple).
  4. Une augmentation de la fréquence et de l’amplitude horaire des TER Rennes Saint Malo, pas toujours facile de trouver un horaire adéquat en milieu de journée et en soirée le dernier train omnibus est à 20h39 (elle est courte la soirée à la capitale, exclusion de toute réunion, spectacles, voir difficile retour de Paris faute de correspondance, etc.). Un TER toutes les 1/2 heures en heure de pointe à partir de 6 heures, et toutes les heures jusque minuit ne seraient ils pas le juste service public ? Question subsidiaire, quid de l’utilité de la première classe dans le TER qui ne sert en théorie qu’aux voyageurs fortunés et aux cadres cheminots qui voyagent en 1ère à titre gratuit (pendant que les autres usagers sont parfois serrés comme des sardines), étonnante volonté d’une région qui se veut à gauche mais qui est adepte d’un service public qui trie par le porte monnaie (l’espace première est en tout point identique à la seconde classe, ni plus de confort, ni bolée de cidre offerte).

Notre Dame des Landes, c’est non ! Une modernisation de l’aéroport de Nantes à faible coût, si Vinci le veut mais sans la participation d’argent public. Un développement et juste retour du transport ferroviaire, c’est ça le progrès.

Les décideurs politiques autrefois RPR-UDF, aujourd’hui socialistes (parfois macronisés) et affiliés soutiennent le projet. Pour quelles raisons leur faire confiance ? A l’image d’un cheval de Troie tel que Microsoft dans l’Armée et l’Education Nationale (au contraire d’un Ubuntu dans la gendarmerie), on ne peut que se méfier de ses accords publics privés : depuis quand les multinationales de l’informatique ou du BTP sont philanthropes ?

En 2018, le combat continue.

La France qu’on oublie

Des-vies-de-pauvres

Savoir que les gens existent, mieux les connaitre, noble mission malheureusement en voie de disparition faute de budget et de manque de considération.

3 Extraits d’articles

Loin de la misère souvent explosive des banlieues françaises, la pauvreté des campagnes est une réalité plus silencieuse, invisible. C’est toute l’utilité du travail d’Agnès Roche, sociologue à l’Université de Clermont Auvergne et que Le Temps a rencontrée, de mettre des mots sur ces «vies de pauvres» du monde rural, ces «sans-dents» moqués par François Hollande. Loin des banlieues, la misère invisible des villages français – Le Temps.ch)

Plutôt que de « parler des pauvres », Agnès Roche, sociologue à l’université de Clermont-Ferrand, fait le choix de « faire parler les pauvres », en construisant son livre essentiellement à partir d’une centaine de personnes rencontrées (plus qu’interrogées) : les mots posés dans ces entretiens biographiques permettent de dessiner les contours d’un kaléidoscope mouvant de la pauvreté rurale, au gré des figures et des chemins décrits, tout en se « gardant de la psychologisation » (p. 322). Comme elle le souligne, « on peut dire sans forcer le trait qu’il n’existe aucune publication de recherche récente portant sur [ce] thème d’étude » (p. 20). Effectivement, ce livre vient combler une lacune importante sur les recherches traitant de la pauvreté de certaines parties de la population. Article Cairn.info – David Villalba

Issu d’une recherche sur la pauvreté menée de 2011 à 2013 dans les campagnes du Puy-de-Dôme, Des vies de pauvres s’inscrit dans une lignée d’ouvrages qui, depuis les Chômeurs de Marienthal, a pris pour objet le quotidien des milieux populaires en épousant le point de vue des travailleurs sociaux. L’observation d’interactions avec les assistantes sociales du Conseil général et de la MSA a en effet servi de porte d’entrée pour interroger des usagers réguliers des services sociaux. Suivant la méthode des récits de vie, 110 personnes ont été longuement interviewées, hommes et femmes à parité – 12 « jeunes relégués », 21 « retraités modestes », 33 « travailleurs pauvres en galère et éclopés de la vie » et 44 « paysans » –, dans quatre territoires aux profils contrastés, plus ou moins pauvres ou « attractifs », plutôt orientés vers l’élevage ou vers les grandes cultures (Livardois, Combrailles, Sancy et Limagne). Le guide d’entretien visait à aborder différents thèmes, sans ordre préconçu : les parents et grands-parents, le parcours scolaire et professionnel, la situation matrimoniale, les ressources du ménage, etc.

L’ouvrage se veut un back to basics de la sociologie des classes sociales. C’est le cas pour la définition monétaire de la pauvreté posée dès l’introduction, bien ajustée à l’entrée par les dispositifs d’aide sociale. « Être pauvre, c’est avoir peu » et les classes de revenu dessinent, par paliers, des classes ou des catégories sociales bien distinctes (classes populaires, classes moyennes et catégories aisées). L’auteure entend enquêter non sur la « misère de position », relative, « du point de vue de celui qui la vit », comme l’avait fait avec une certaine sophistication l’équipe de Pierre Bourdieu dans La misère du monde, mais sur « la misère de condition », « la grande misère », celle vécue au quotidien par les « fractions les plus pauvres des classes populaires, précaires ou non ». De même, elle dénonce les écrans de fumée que forment de nouvelles catégories administratives, par exemple le nouveau zonage en aires urbaines de l’INSEE, « qui a pour effet de faire disparaître l’espace rural », alors qu’en retenant l’ancien zonage, « la population rurale est de 13,9 millions d’habitants au recensement de 2007, en augmentation de 9 % depuis le recensement de 1999 ». Economie rurale, note de lecture