La France qu’on oublie

Des-vies-de-pauvres

Savoir que les gens existent, mieux les connaitre, noble mission malheureusement en voie de disparition faute de budget et de manque de considération.

3 Extraits d’articles

Loin de la misère souvent explosive des banlieues françaises, la pauvreté des campagnes est une réalité plus silencieuse, invisible. C’est toute l’utilité du travail d’Agnès Roche, sociologue à l’Université de Clermont Auvergne et que Le Temps a rencontrée, de mettre des mots sur ces «vies de pauvres» du monde rural, ces «sans-dents» moqués par François Hollande. Loin des banlieues, la misère invisible des villages français – Le Temps.ch)

Plutôt que de « parler des pauvres », Agnès Roche, sociologue à l’université de Clermont-Ferrand, fait le choix de « faire parler les pauvres », en construisant son livre essentiellement à partir d’une centaine de personnes rencontrées (plus qu’interrogées) : les mots posés dans ces entretiens biographiques permettent de dessiner les contours d’un kaléidoscope mouvant de la pauvreté rurale, au gré des figures et des chemins décrits, tout en se « gardant de la psychologisation » (p. 322). Comme elle le souligne, « on peut dire sans forcer le trait qu’il n’existe aucune publication de recherche récente portant sur [ce] thème d’étude » (p. 20). Effectivement, ce livre vient combler une lacune importante sur les recherches traitant de la pauvreté de certaines parties de la population. Article Cairn.info – David Villalba

Issu d’une recherche sur la pauvreté menée de 2011 à 2013 dans les campagnes du Puy-de-Dôme, Des vies de pauvres s’inscrit dans une lignée d’ouvrages qui, depuis les Chômeurs de Marienthal, a pris pour objet le quotidien des milieux populaires en épousant le point de vue des travailleurs sociaux. L’observation d’interactions avec les assistantes sociales du Conseil général et de la MSA a en effet servi de porte d’entrée pour interroger des usagers réguliers des services sociaux. Suivant la méthode des récits de vie, 110 personnes ont été longuement interviewées, hommes et femmes à parité – 12 « jeunes relégués », 21 « retraités modestes », 33 « travailleurs pauvres en galère et éclopés de la vie » et 44 « paysans » –, dans quatre territoires aux profils contrastés, plus ou moins pauvres ou « attractifs », plutôt orientés vers l’élevage ou vers les grandes cultures (Livardois, Combrailles, Sancy et Limagne). Le guide d’entretien visait à aborder différents thèmes, sans ordre préconçu : les parents et grands-parents, le parcours scolaire et professionnel, la situation matrimoniale, les ressources du ménage, etc.

L’ouvrage se veut un back to basics de la sociologie des classes sociales. C’est le cas pour la définition monétaire de la pauvreté posée dès l’introduction, bien ajustée à l’entrée par les dispositifs d’aide sociale. « Être pauvre, c’est avoir peu » et les classes de revenu dessinent, par paliers, des classes ou des catégories sociales bien distinctes (classes populaires, classes moyennes et catégories aisées). L’auteure entend enquêter non sur la « misère de position », relative, « du point de vue de celui qui la vit », comme l’avait fait avec une certaine sophistication l’équipe de Pierre Bourdieu dans La misère du monde, mais sur « la misère de condition », « la grande misère », celle vécue au quotidien par les « fractions les plus pauvres des classes populaires, précaires ou non ». De même, elle dénonce les écrans de fumée que forment de nouvelles catégories administratives, par exemple le nouveau zonage en aires urbaines de l’INSEE, « qui a pour effet de faire disparaître l’espace rural », alors qu’en retenant l’ancien zonage, « la population rurale est de 13,9 millions d’habitants au recensement de 2007, en augmentation de 9 % depuis le recensement de 1999 ». Economie rurale, note de lecture

 

 

 

 

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